Le GR20 de Vincent Verzat

Vincent Verzat a 31 ans, c’est un vidéaste-activiste originaire de Rhône-Alpes, près de Valence. En été 2021, il a fait une partie du GR20 Nord, entre Asco et Vizzavona ! Loin de tout esprit de record ou de vitesse, Vincent est parti sur le GR20 pour « se ressourcer ». Regardez de plus près, vous connaissez peut être déjà Vincent, je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir son interview et son film qui fait « l’éloge de la lenteur sur le GR20 !  » Bravo l’artiste !

On fait tous le GR20 pour une raison : beaucoup le font pour la performance, le défi, le plaisir de marcher.. Et toi Vincent, est ce que tu peux nous dire ce que tu es allé chercher sur le GR20 ?

J’avais déjà marché la partie sud du GR20 il y a trois ans de cela, mais épuisé que j’étais par mon travail, j’avais décidé de ne pas filmer du tout. En décidant d’y retourner cet été, j’avais fait un tour sur youtube et j’avais été super déçu de ne trouver que des vidéos filmés à la gopro, des histoires du GR20 centrés sur l’effort physique, sur la performance sportive. Moi qui avait surtout aimé que le temps se ralentisse, s’étire, le temps d’une randonnée, je me retrouvais pas du tout dans ces vidéos. J’avais décidé de faire une pause dans mon travail sur la chaîne youtube Partager c’est Sympa en mai. En juillet, j’étais prêt, j’avais envie de renouveler ma passion pour la vidéo, vérifier que j’aimais toujours autant filmer, capturer la joie et la beauté, en faire des capsules de bonheur.  Vizzavone

Avec quoi es tu revenu ? 

Je suis revenu avec film de 34 minutes, faisant l’éloge de la lenteur, des bienfaits de la marche, des paysages, de tout ce qui se vit autour et en dehors de l’effort physique. 400 Go de rush, 30 minutes d’images valable par jour, plus précisément. Et de la joie, beaucoup de joie !

On ne va pas attendre la fin de l’article pour vous en faire profiter, prenez une boisson fraîche, montez le son et installez vous, ce n’est que du bonheur ! N’hésitez pas à la partager, c’est sympa pour lui ! 🙂

Tu étais seul ? En famille ? Entre amis ?

Vincent GR20 Nord

Je suis parti avec mon frère, avec qui j’avais déjà fait la partie sud trois ans auparavant, et un ami commun. 

Est ce que tu as fait une préparation spécifique ? Du sport régulièrement ?

J’avais bien conscience que ce qui fait la grosse différence entre les balades de 2h que je faisais 2 fois par semaine, et une randonnée de 6 jours, c’est le sac ! Alors pour me préparer physiquement, j’ai systématiquement fait mes balades avec 6-8 kilos dans mon sac, 2 mois avant de partir.

Avion, bateau, taxi ? Comment tu as rejoint le départ ? D’ailleurs tu es parti dans quel sens ? 

Train de Valence jusqu’à Toulon, puis ferry et nuit à Bastia, puis train jusqu’à Ponte Leccia, puis bus jusqu’à la station d’Asco. C’est assez galère de connaître les horaires de train d’été, ils ne les affichent que lorsque l’été arrive donc impossible de planifier longtemps à l’avance, mais finalement ça s’est bien compilé.

Lac depuis la brêche

Ton meilleur souvenir ?

La satisfaction de m’être émerveillé de tous ces bourdons le long des sentiers, d’en avoir repéré un dans une pente escarpé, et d’avoir réussi à le cadrer lui qui grimpe une plante, avec moi qui grimpe la pente à l’arrière plan. J’y vois une proximité, un rapprochement de deux manières d’être vivant, qui l’espace d’un instant partagent une expérience commune.

Bourdon sur le GR20

La vue la plus époustouflante ?

La Brêche de Capitellu. D’un coup la température descend, le paysage change drastiquement, la montagne plonge jusqu’aux étangs, les nuages qui s’accrochent aux arêtes, une beauté brutale.

Un moment dont tu aurais bien aimé te passer ?

L’odeur de plastique et d’aluminium brûlé au refuge de Tighettu. C’était un douloureux rappel que la manière dont on s’apprêtait à vivre n’était en rien durable, écologique. C’était du tourisme, de masse, avec les conséquences que l’on connaît.

La question revient souvent de la part des internautes, alors on te la pose directement « Combien de douche tu as pris en tout et pour tout ? « 

Deux douches au sens strict, mais je me lavais chaque soir, la plupart du temps dans des ruisseaux ! 

Le refuge dans lequel tu as passé le meilleur moment, c’est lequel et pourquoi ?

Celui de Petra Piana, quelle vue ! Et quel accueil aussi de Pascal, il a une énergie de dingue qu’il met au service des randonneurs, tout comme sa myrte fait maison qu’il partage bien volontier à toute heure de la journée ! Le fait qu’ils y passent de la musique corse aussi, ça contribue à en faire la plus belle expérience de refuge. 

Est ce que tu as pu profiter quand même de tes journées ? Que de la marche ou aussi du farniente dans les trous d’eau, des moments de vie avec les autres ?

L’objectif premier était de profiter ! On s’est baigné trois fois dans des cascades sur l’étape reliant Ciottulu di Mori à Manganu, l’étape était censé prendre 8h, on l’a faite en 12h pour vraiment en profiter !  

Est ce que tu as une idée du budget que tu as dépensé ? Combien en logement, nourriture et voyage ?

En tout, en étant hébergé dans les refuges, et en se faisant plaisir sur la bouffe et quelques bières, on a dépensé 450 euros chacun, pour 7 jours. En planifiant bien, en cuisinant soit même, en emmenant sa tente, c’est possible de le faire pour moitié moins.

Pause auprès d'un lac

Un mot de la fin pour motiver les lecteurs qui hésitent ? Ont-ils raison de se mettre la pression, faut-il vraiment s’entraîner, faut il être prudent, est ce vraiment très très difficile pour le commun des mortels)?

Il n’y a qu’à regarder les paysages de mon film pour comprendre que la montagne n’est pas un lieu accueillant pour les hommes. C’est un lieu où la vigilance est de mise, il faut faire attention à chaque pas, et le temps change très vite, parfois de manière imprévisible. 

J’ai lu quelque part qu’une personne sur deux abandonnent au bout des 4 premiers jours de marche (du nord vers le sud).  En cause : une mauvaise estimation de la difficulté, de la technicité des étapes. Il y a des étapes de 8km que tu fais normalement en 2h, bah la ça prend 8h, parce que c’est presque de l’escalade. Pour d’autres, c’est le fait de porter un sac qui a changé la donne, c’est pas le même effort que de marcher sans poids sur les épaules. 

Je continue de penser que le tracé d’origine du GR20, en 16 étapes, est à la portée de tout randonneur habitué à la montagne (et donc, il n’est pas à la portée de débutants). C’est à vouloir aller trop vite qu’on se blesse. Toutefois, je trouve que marcher 7-8 jours d’affilée, c’est bien assez ! Je n’ai jamais eu envie de le faire en entier (16 jours), sauf à s’arrêter plusieurs jours au milieu ou le long du chemin, pour vraiment laisser le temps au corps de souffler !

Météo sur le GR20

Quels conseils donneriez-vous aux futurs randonneurs ?

Prenez le temps de vivre, tout nous pousse à accélérer aujourd’hui : on est en permanence en compétition avec les autres, avec nous même. J’ai espoir que l’expérience de la randonnée permette de casser ce rythme délirant, mais ça ne va pas de soi.

Ah et très concrètement : Pas besoin d’anti moustique, de casseroles, de déo, de réchaud à gaz, y en a aux refuges. Mais prendre PQ ! 

Nous vous conseillons aussi de lire cet article : combien de temps faut-il pour faire le GR20

En 3 mots, comment résumerais-tu ce GR20 ?

Simplicité, effort, joie

Le contenu de mon sac :

  • Sac de marche Deuter Futura 34 EL
  • Chaussures de randonnée Meindl Softline top GTX, 700g la chaussure
  • Une chemise manche courte
  • Une chemise manche longue 
  • Un t-shirt coton et un caleçon comme pyjama
  • Un short léger
  • Un pantalon de randonnée
  • Un sous-pull technique
  • Une polaire
  • Deux caleçons de sport
  • Deux paires de chaussettes hautes
  • Une doudoune
  • Une veste de pluie
  • Un bonnet
  • Un cache-col
  • Une casquette 
  • Une paire de lunette cat. 3
  • Une paire de gants en soie
  • Une paire de tongue 
  • Une serviette microfibre
  • Sac en plastique 
  • Une brosse à dent
  • Creme solaire
  • Un demi savon d’alep 
  • Stick à lèvres
  • Crème anti-inflamatoire Voltarène 
  • 5x pansements
  • 5x pansements ampoules
  • Boule quies
  • Cache yeux
  • Un rouleau de PQ 
  • Oreiller gonflable Air Pillow UL M
  • Drap de sac
  • Sac de couchage
  • Dry Sack Sea to Summit de 13L 
  • Couteau suisse
  • Chéquier
  • 300 euros en liquide
  • Carte bancaire
  • Carte d’identité 
  • Carte d’assurance maladie
  • Masques chirurgicaux 
  • Tupperware x2
  • 10x barres de céréales
  • 6× pâte de fruits
  • Poche d’eau de 2L
  • Gourde filtrante 1L
  • Un eco-cup 
  • Sac en plastique Ziplock 1L x3 
  • Caméra Panasonic GH5
  • Objectif 8-18mm 2.8-4 Leica DG vario-elmarit
  • Microphone Rode Videomic Pro Plus
  • Trépied Sirui AM2 série AM-254 avec JOBY Ballhead 3k
  • Dragonne d’accroche Peak Design
  • Écouteurs filaires
  • Filtre Hoya ND 16
  • Carte SD 128Gb (x3) et 64Gb (x2)
  • Un chargeur ultra léger de batterie GH5
  • 4 batteries GH5
  • Câbles USB-C et USB et chargeur
  • Smartphone Samsung S9
  • Batterie externe EC Technology 22400mAh
  • Une pochette rembourrée pour contenir le tout 

Matos superflu

  • Doudoune superflu
  • Pas besoin de gaz
  • Pas besoin de tapis de sol si vous louez des tentes.
  • Pas besoin de batterie externe pour recharger le matos, tant qu’on est prêt a payer 1 à 2 euros l’accès à une prise aux refuges.
  • Pas besoin de sac de couchage 1°c. Un Confort 10°C aurait largement suffit en refuge, surtout avec un sous sac en soie.
  • Porter 2 kg d’eau c’est con. J’aurais dû m’arrêter aux sources et cours d’eau.
  • Pas besoin d’anti moustique, de casseroles, de déo, de réchaud.
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